Archives mensuelles : décembre 2006

Les balbutiements vidéos du Parlement européen

Autant le Web textuel gagne progressivement en maturité, depuis quelques années, autant la vidéo en ligne me paraît imberbe à ce jour.

Ce n’est certainement pas la dernière vidéo du Parlement européen qui changera mon impression.

NOTE AUX LECTEURS EN DATE DU 10 JANVIER 2007 :
LA SEQUENCE VIDEO QUE J’EPINGLAIS DANS CE BILLET A RECEMMENT FAIT L’OBJET D’ADAPTATIONS : LES TEMPS MORTS ONT ETE SUPPRIMES.

Au bas de cette page, vous trouverez un lien vers une vidéo relative à l’audition parlementaire de deux nouveaux commissaires européens.

Surréaliste ! Pendant plus de 11 minutes, la vidéo retransmet l’ambiance de la salle qui se prépare à accueillir les auditions. Dans un bruit de fond inintéressant, des personnes anonymes passent dans le champ de la caméra, s’installent, prennent place.

C’est au bout de 14 minutes 30 que Monsieur Orban, le commissaire d’origine roumaine, prend finalement la parole.

Madame Kuneva, la commissaire bulgare désignée à la protection des consommateurs suivra. Après combien de minutes de vidéo ? Personne ne le sait. L’attente est linéaire. Pas de montage. Pas de raccourci vers les différentes parties.

S’il y a bien une règle à respecter, à mon avis, lors de la diffusion d’une vidéo en ligne, c’est de TOUT DE SUITE commencer par le vif du sujet. Le principe de la pyramide inversée (vous savez, ce vieux principe bien connu des journalistes et qui veut que l’on commence un article par les éléments les plus importants, pour ensuite développer les détails) devrait s’appliquer au centuple à la vidéo. Elle qui impose sa structure linéaire et sa temporalité. Elle qui ne peut être balayée furtivement du regard.

Sur un média comme Internet, qui nous a habitué au choix et à l’interactivité, ce flux unilatéral d’information devient très vite insupportable. Une solution est de découper la vidéo en différents chapitres.

Le mariage vidéo-texte-interactivité reste prometteur. Je brûle d’impatience de voir naître de nouveaux usages. Mais actuellement, je suis fort déçu et partage entièrement le scepticisme ou la frustration que certains de mes confrères exprimaient déjà il y a un an.

Pas le temps !, proteste Sébastien Bailly. En ajoutant : Et me voilà prostré devant mon écran comme devant la télévision. Les oreilles sous perfusion de son. Le flot est continu, se déverse, je subis. Je cherche la télécommande.

Arrêtez de nous podcaster les pieds !, s’irrite Xavier de Mazenod.

Ecouter les podcasts des autres me fait royalement chier, lâchait Joël Ronez avec son franc parler habituel.