La solitude de l’architecte d’information

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Vous êtes un architecte d’information modèle.

  • Vous avez pris soin d’apprivoiser les contenus de votre client.
  • Vous avez interrogé les uns et les autres.
  • Vous avez analysé l’existant.
  • Vous avez analysé le potentiel.
  • Vous avez analysé la concurrence.
  • Vous avez même imaginé plus loin, en mode « tempête de cerveaux ».
  • Vous avez pris soin de créer différentes entrées logiques vers le contenu
  • Vous avez créé une structure qui répond aux principaux scénarios utilisateurs.
  • Vous avez pris soin de limiter la profondeur et la complexité de votre architecture, allant à l’essentiel.
  • Vous avez couronné le tout de libellés percutants, informatifs et cohérents.
  • Votre structure de contenus est parfaite.

Oui, mais, c’est sans compter le fait que…

  • Le juriste maison trouve vos intitulés un peu trop compréhensibles… il vous demande de changer « Notre équipe » en « Structure organisationnelle »… vous avez beau lui expliquer que le site vise Monsieur-tout-le-monde… rien à faire !
  • La secrétaire zélée vous enjoint de rajouter 4 rubriques, demandées par Blackberry par son Directeur de département, en séminaire à Biarritz… ce qui déséquilibre complètement votre structure, mais on s’en fout.
  • Le consultant en marketing invité autour de la table raille votre structure trop « premier degré »… sa créativité indomptable le pousse à baptiser le bouton « Passer commande » en « Youplaboum! »… vous tentez de lui parler son langage et de lui faire comprendre le risque en termes de taux de conversion… mais l’art pour l’art s’impose.
  • Et, pour finir de faire voler en éclat votre château de cartes, le vice-président débarque en fin de réunion pour exiger, d’autorité, « son » bouton, telle une tache de tomate sur votre costume neuf.
  • Vous avez envie de crier à l’assemblée : « Et une intro en flash ou un compteur de visites, tant que vous y êtes ?!? »
  • Mais le client, c’est le client.

Ceci dit, le Web sans les humains qui le font et qui l’utilisent, ce serait moins drôle, non ?

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15 réflexions au sujet de « La solitude de l’architecte d’information »

  1. Jerome

    Dans ce cas, il faut peut-être prévoir deux devis…

    Un pour une proposition d’architecture. La proposition passera entre toutes les mains afin d’être enrichie. Puis un pour la réalisation, qui tient compte de toutes les humeurs qui auront été ajoutées.

    Bon courage dans tous les cas :)

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  2. Fred Lambin

    Dans ce genre de cas, je me demande s’il n’est pas plus judicieux de se désolidariser du résultat, en ne facturant que ce qui couvre les frais.
    L’électrochoc de voir l’ergonome prendre ses distances avec le projet ne suffira sans doute pas à les faire changer d’avis mais cela évite de "signer" un travail avec lequel on est en net désaccord et qui ferait tache dans un éventuel book.

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  3. Sébastien Billard

    Cela fait partie des frustrations du métier… de mon coté j’ai parfois des clients super exigeants quand il s’agit de signer, et une fois les recommandations livrées, celles-ci ne sont jamais mises en oeuvres… tant pis pour eux.

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  4. AxeNet

    De toute façon, ils changeront tous d’avis une fois la première maquette réalisée. Il faudra donc tout recommencer :-)

    Plus sérieusement, il est important de bien formaliser par écrit toutes ces demandes (en précisant l’auteur), puis d’y associer ses recommandations contradictoires. Lorsque quelques mois après le lancement du site, l’entreprise commence à recevoir les doléances d’utilisateurs ou les moqueries diverses, ce type de document permet de revenir aux bases logiques afin de repartir du bon pied.

    Bien sûr, pour le client, lorsqu’il faut tout refaire, c’est plus cher…

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  5. Repie

    Beau résumé de ma vie au bureau !

    (sauf que tout ça c’est en interne, que je suis aussi en partie le dev, completement l’intégrateur, qu’il faut que je m’occupe du référencement et que je change moi même le design parce que la créa est faite par un free qui va nous refacturer si on demande un changement … Et que si je fais pas le café personne ne va se bouger pour le faire ! )

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  6. etoui

    tu oublies aussi le passage entre ton story board et la maquette du graphiste (qui change de place les choses sous prétexte que c’est plus joli, qui n’est pas forcement ni ergonome et qui se soucie comme d’une gigne des enjeux marketing du client)…
    bref, on passe souvent pour un chieur, des deux cotés (coté client et coté dev/graphisme)

    heureusement que notre boulot est passionnant :))

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  7. Régine Lambrecht

    Oh, que ça sonne vrai ! Le juriste qui ne parle pas ‘user-friendly’, le graphiste qui oublie des fonctionnalités… Et le chef de projet qui écoute puis ne suit rien des conseils ? :-) Il ne suffit pas d’être bon ergonome / architecte d’information (etc), il faut surtout être bon vendeur de ses compétences…

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