Monthly Archives « mai 2011 »

Une page d’accueil exemplaire

Publié le par Isabelle Canivet et Jean–Marc Hardy
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Depuis plusieurs années, je collectionne, en particulier pour nos formations web, des exemples croustillants d’erreurs à ne pas commettre en termes d’écriture, de design, d’architecture de contenu. Mais plus d’une fois, les participants m’ont demandé (très légitimement) à quoi ressemble une bonne page ou un bon site web.

Dans mon billet précédent, j’ai épinglé l’écriture web tranchante, factuelle, concise, structurée, telle que l’applique Google pour « vendre » ses services.

Ci-dessous, un autre exemple à suivre, en termes d’épuration de la page d’accueil. Celui de l’ambassade de Grande-Bretagne, en France et en Belgique.

Comme pour Google et son écriture épurée, cela n’a l’air de rien.
Et pourtant, parvenir à une architecture aussi simple exige de la réflexion et du courage (le courage de dire non à plein d’autres possibles).

Source : site web officiel de l'Ambassade de Grande-Bretagne en France.

A souligner en positif :

  • Une mise en page aérée, avec des zones de respiration.
  • Un nombre d’entrées de navigation très limitées.
  • Un accent sur les scénarios d’usage essentiels (l’obtention d’un VISA, par exemple).
  • Le recours à des pictogrammes pour renforcer la navigation.
  • La hiérarchisation des news (un focus principal, et des news secondaires).
  • Au final, une grille de lecture intuitive et confortable.

Points qui restent à améliorer :

  • Les liens connexes (« related news ») interfèrent de manière peu élégante. L’espace reste présent, mais vide, lorsqu’il n’existe aucun lien connexe.
  • Les pictogrammes, pas toujours bien sentis (Pourquoi un avion pour les FAQ? Pourquoi des flèches pour les publications?)

L’ambassade en France et l’ambassade en Belgique utilisent la même maquette, mais avec une approche éditoriale qui peut varier. C’est le signe d’une gestion intelligente de l’investissement en communication. Trop de sociétés éclatent leur investissement de manière inconsidérée.

Source : site web officiel de l'Ambassade de Grande-Bretagne en Belgique.

D’autres choses à dire autour de cet exemple ?

Cela n’a l’air de rien, mais…

Publié le par Isabelle Canivet et Jean–Marc Hardy
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Cette page est géniale.

Pourquoi ?

Parce qu’elle aurait pu être hyper compliquée, mais au lieu de cela, Google l’a voulue tranchante.

1. La concision
En 250 caractères, Google vend son service de messagerie. Pour le même prix, le rédacteur aurait pu pondre 2000 caractères. Notez que dans ma prise d’écran, j’ai volontairement rogné un morceau du texte d’introduction, à mon sens inutile. On peut donc toujours aller plus loin.

2. Les arguments
Trois arguments majeurs ont été mis en avant : l’espace de stockage, la lutte contre le SPAM et l’accès mobile. Il est évident que d’autres caractéristiques auraient pu être communiquées. On aurait pu étaler la liste complète des fonctionnalités. Mais l’exhaustivité est un piège et Google a choisi de limiter son argumentaire aux aspects les plus concurrentiels. Il y a fort à parier que certains chefs de projet chez Google ont dû être frustrés de ne pas voir apparaître « leur » fonctionnalité. Mais un bon management de l’information oblige à effectuer des choix cruels pour préserver la force de frappe et l’utilisabilité d’une communication.

3. Les pictogrammes
Chaque argument a été incarné par un pictogramme. Ces visuels produits sur mesure rendent la page agréable, sympathique et originale. Ils en renforcent surtout la structure et permettent au visiteur de balayer le contenu très efficacement. Une communication concise, structurée et illustrée gagne en immédiateté. Le taux de décrochage doit être très faible. Dès l’atterrissage sur la page, le message passe instantanément, comme une piqûre qu’on ne sent pas venir. L’énergie-lecteur est minimale. Notez qu’il est judicieux de contrôler la quantité de texte associée à chaque élément visuel. Dans ce cas-ci : un argument apparaît en gras, et une ligne supplémentaire, dégraissée, vient nourrir cet argument avec des détails factuels. De manière systématique.

4. Le contenu dynamique
Petit détail très « web » : le chiffre communiqué à propos de l’espace serveur est mis à jour dynamiquement, en temps réel. Cet effet de compteur, suffisamment sobre heureusement pour ne pas détricoter l’ensemble, accentue encore l’accroche lecteur, démontre le savoir-faire de Google et transmet, en ligne de fond, l’idée que le service reste en croissance permanente, signe de succès.

5. La possibilité d’en savoir plus
Le corollaire d’une page concise, c’est la nécessité de proposer un lien pour en savoir plus. Sur ce point, j’ai une critique à formuler : un lien est associé au troisième argument uniquement. Je préférerais, soit un lien en regard de chaque argument, soit un lien général, détaché de tout argument spécifique. Le lecteur risque d’être gêné par une certaine asymétrie dans le prolongement hypertexte de cet argumentaire.

Morale de l’histoire ?

Une page simple n’est pas le fruit du hasard.

Une page simple résulte d’un véritable management de l’information, d’une réflexion sur mesure, graphique, marketing, rédactionnelle, ainsi que d’une épuration douloureuse mais bénéfique.

Derrière une page simple, il y a beaucoup de travail.

D’ailleurs, certains semblent avoir été inspirés…

A moins que je ne confonde moi-même entre l’oeuf et la poule ;-)

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