7 stratégies de relecture

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Cet article propose 7 manières de relire vos textes afin de les améliorer :

  1. Relire à haute voix
  2. Relire à l’envers
  3. Relire à froid
  4. Relire sans lire
  5. Relire avec la gomme
  6. Relire avec le pipotron
  7. Relire avec le générateur de mots clés

1. Relire à haute voix

Relire à voix haute permet de sentir la fluidité de votre texte, son volume, sa sonorité, ses éventuelles répétitions, sa cohérence et sa faculté d’entrer en dialogue avec le lecteur.

Particulièrement utile pour détecter les phrases trop longues.

Vous arrivez à bout de souffle ? C’est très mauvais signe.

Par exemple, voici la première phrase qui vous accueille sur le site web « Private banking » du Crédit Agricole à Luxembourg. Je vous mets au défi d’arriver à la fin de la phrase sans reprendre votre respiration (à moins que vous soyez pêcheur de langouste en apnée) :

« A votre service sur la place financière de Luxembourg depuis 1920, Crédit Agricole Luxembourg Private Banking, issu de la fusion entre Crédit Agricole Indosuez Luxembourg et Crédit Lyonnais Luxembourg, est filiale à 100 % du groupe Crédit Agricole, l’un des 10 premiers groupes bancaires dans le monde, et le 2e groupe financier au monde par le montant de ses fonds propres. »

2. Relire à l’envers

Si votre objectif est de corriger l’orthographe, rien ne vaut la lecture en sens inverse. Elle a le gros avantage de vous détacher du propos pour vous permettre de vous concentrer sur la forme. Elle rafraîchit votre cerveau, qui s’est sans doute endormi à force de caresser le texte dans le sens du poil.

Attention toutefois à la grammaire, qui exige une compréhension de la phrase dans son entièreté (par exemple pour l’accord des participes passés), et non une simple correction mot à mot.

3. Relire à froid

Relire un texte à vif, c’est comme avaler de la soupe trop chaude : on ne goûte rien ! Pour relire efficacement, il vous faudra vous mettre en position de redécouvrir votre texte.

Prenez donc du recul. Laissez reposer votre ouvrage. Un jour, ou dix minutes. Le temps de dire bonjour à Sophie ou à Steve et de replonger la tête vierge dans votre texte.

Pas le temps ? Vous êtes dans l’urgence ? Pas bien, ça.

4. Relire sans lire

À l’atterrissage sur votre article, le lecteur ne lit pas, il balaye, il prend connaissance. La lecture en diagonale est omniprésente, en particulier sur le Web. Elle précède et appelle la lecture mot à mot.

Votre texte doit passer l’examen de chaque vitesse de lecture : la vitesse lente, approfondie et critique, mais aussi la vitesse rapide, impatiente et cherchant à se faire convaincre d’aller plus loin.

Passez donc un œil rapide à travers la géographie de votre texte : son volume, sa découpe, ses éléments saillants (encadrés, sous-titres, etc.). Donne-t-il envie ? Provoque-t-il l’indigestion ?

5. Relire avec la gomme

Tous les grands l’ont dit. Dois-je vous ennuyer à citer Saint-Exupéry ?

« Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher. », disait l’auteur du Petit Prince.

Et ce qui est vrai dans un contexte narratif l’est au moins tout autant dans un contexte informatif, où le lecteur cherche du jambon sans graisse.

C’est pourquoi vous abandonnerez votre stylo pour saisir votre gomme. Et vous partirez à la chasse des mots superflus.

« Dans le cadre défini par sa mission, CORDIS est amené à poursuivre fondamentalement trois objectifs principaux »

deviendra :

« CORDIS poursuit trois objectifs »

Vous êtes un communicateur courageux ? Alors vous ne vous contenterez pas d’éliminer simplement les pléonasmes et mots inutiles, mais également toutes les informations à faible valeur ajoutée. Votre texte en ressortira plus musclé (comme un Steve avec des abdos en tablettes de chocolat, Mesdames).

6. Relire avec le pipotron

Certains mots sonnent intelligents, mais ont la consistance du vent. Hardi rédacteur, tu les pourfendras sans pitié.

Quelle est la valeur ajoutée de cette éloquente assertion ?

« Eu égard à la conjoncture actuelle, il ne faut pas négliger de prendre activement en considération, dans un laps de temps raisonnable, la globalité des problématiques opérationnelles envisageables. »

Réponse : zéro. Cette phrase ne contient que l’emballage, et pas le jambon.

Avant de relire votre texte, échauffez-vous avec le pipotron. Il en existe une version plus politicienne : « Parlez comme un énarque ». Ces générateurs de langue de bois vous indiqueront ce qu’il faut éviter.

7. Relire avec le générateur de mots clés

Votre article est bien écrit, irréprochable sur le plan de l’orthographe, équilibré dans sa rhétorique, dense et factuel, exclusif, juridiquement inattaquable, intellectuellement brillant, commercialement redoutable,… son seul tort est de ne pas plaire à Google.

Le générateur de mots clés de Google est un outil indispensable pour tirer d’un article tout son potentiel de trafic. Vous l’utiliserez soit pour générer des expressions synonymiques et agripper la « longue traîne » des requêtes, soit vous vous baserez sur les volumes mensuels de recherche qu’il fournit pour choisir les expressions les plus porteuses, en particulier dans vos titres.

50.000 personnes cherchent « formation web » (au singulier) chaque mois.

1.000 personnes cherchent « formations web » (au pluriel).

Ce serait dommage de faire le mauvais choix, non ?

Pour en savoir plus :

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9 réflexions au sujet de « 7 stratégies de relecture »

  1. Cécile

    Bonjour Jean-Marc,

    Merci pour ce petit rappel et ces règles de relectures que nous devrions tous appliquer. J’avoue que je n’ai jamais pensé à utiliser la lecture à voix haute. (Je m’en vais tester de suite puisque j’ai un article à livrer).
    La lecture à l’envers est formidable car elle « détache » du texte. Je la pratique beaucoup car on a vite fait de replonger à fond dans son sujet lors de la relecture. Quant à la lecture à froid, dans la mesure du possible j’attends le lendemain, moment que je redoute car parfois, non contente de corriger fautes et coquilles, il m’arrive de remanier tout mon texte… que je devrais relire le lendemain :)

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  2. Benoit Playoust

    Bonjour Jean-Marc,

    merci pour l’idée de la relecture à l’envers, je vais expérimenter !
    Et deux pistes complémentaires :
    — relecture à la fois sur papier et sur écran, l’un et l’autre ne révèlent pas les mêmes choses
    — faire une relecture spécifique « titres et sous-titres » : c’est souvent là que se cachent les coquilles les plus énormes et si on se contente de les survoler, on les rate… Par contre, les lecteurs les voient tout de suite

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  3. Michèle SCHEURER

    Bonjour,
    J’ai trouvé vos stratégies de relecture fort intéressantes, mais qu’entendez-vous par « relire à l’envers » ?
    S’agit-il de relire à partir de la fin du texte ?
    Et j’avoue que pour ce qui est du « pipotron », je n’ai pas compris non plus à quoi il servait. Pourriez-vous m’éclairer ?
    Merci d’avance.

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  4. Jean-Marc HardyJean-Marc Hardy Auteur de l’article

    @ Michèle :

    Oui, par « relire à l’envers », j’entendais simplement relire à partir de la fin du texte.

    Le pipotron est un générateur de langue de bois, c’est-à-dire de phrases pompeuses qui n’ont aucune consistance informative. Amusez-vous à le tester, vous comprendrez ;-)

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  5. catherine

    Bonjour Jean-Marc,

    Merci beaucoup ! je ne connaissais pas la relecture à l’envers, mais j’en pratique une variante : je « picore » les phrases au hasard dans le texte et je les relis. Je trouve la relecture à froid (pour moi « après sédimentation ») assez redoutable, il faut absolument se l’octroyer, attention aux délais trop serrés !
    Quant au pipotron, je le trouve très, très utile :-)

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